Oyaho-gozaimas!

« Oyaho-Gozaimas », voici le bonjour retentissant que m’adresse tous les matins un joyeux retraité lorsque je passe à proximité de son passage piéton avant 8h30. Avec son gilet jaune fluo, ses gants blancs et son petit drapeau bleu, notre jovial sexagénaire s’occupe de faire traverser les innocents bambins qui trainent les pieds vers l’école juste à côté. Son rôle est éminemment sérieux, pour rien au monde, il ne lâcherait son devoir, et pourtant pointe derrière un sens de l’humour qui me fait à chaque fois sourire. Les mains en porte voix il clame un bonjour vif et distinct à l’écolier revêche encore au bout de la rue. De quelques pas il chorégraphie une petite danse qui me permettra de passer en vélo sans que cela ne ralentisse ledit écolier.

Voilà un travail qui m’a d’abord semblé bien dérisoire. Qui voudrait s’occuper d’un passage piéton d’1m50 dans une rue plutôt tranquille, tous les matins entre 8h et 8h30? On me fera remarquer que ce rôle existe aussi en France autour des écoles, bien qu’à mon sens il commence à disparaître. J’en serai restée là si ce genre de travail de ce genre n’avait pas été si courant dans les rues de Tokyo. Selon un article du web, un homme sur deux continueraient à travailler après sa retraite dans des petits boulots de ce genre. Ces petits boulots sont pléthores pour les jeunes, les femmes et les personnes âgées.

Un autre exemple frappant vient des travaux urbains. Quelques mètres après mon joyeux bonjour du matin, se dressent des travaux prenant tout le trottoir. Ces derniers sont fort bien signalisés (avec de superbes cones clignotants la nuit) mais cela n’empêche pas la présence de deux Japonais de part et d’autres, vous faisant signe que la voie est libre. Ma fascination est réelle pour ces gardiens des travaux, généralement aussi nombreux que les ouvriers eux-mêmes. (La réparation de la climatisation  sur mon lieu de travail nécessitera 2 à 3 personnes dont le rôle fut de regarder ou tenir l’échelle de l’ouvrier en action).

Outre le côté burlesque de la situation, le sens de ce « surplus de main-d’oeuvre » m’échappe encore. Tout ce que je sais pour le moment, c’est que dans cette société où tout est à sa place, il doit y avoir une raison du côté de l’emploi ou de la conception de la sécurité et de la logistique. Voilà un de mes prochains mystères à éclaircir…

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